(A ma mère) La Fiancée aux yeux de bois (recréation1998)
Création Avignon 88 / Reprise Montpellier 98
avec les danseurs de la compagnie Ballet Plus d'Ekaterinburg en Russie

Les 23 et 24 juin 98 au Théâtre d'Ekaterinburg et le 29 juin 98 au festival Montpellier Danse

Tournée en Russie à partir de septembre 98


Ce projet est une sorte d'aboutissement de la relation et des échanges riches que Karine Saporta a avec la Russie.

Depuis plusieurs années les tournées de la compagnie nous ont mené à plusieurs reprises en Russie où le travail de Karine Saporta connait un vif succès.

Le film « la Fiancée aux yeux de bois » réalisé à partir de la pièce a été invité lors d’un festival de film à Moscou où il a été beaucoup vu et a provoqué un choc et un engouement pour cette pièce .

La demande faite par la compagnie Ballet Plus à Karine Saporta, qu’elle puisse remonter avec eux cette création, à pour elle un sens tout particulier puisque cette pièce est celle de son imaginaire et son fantasme de la Russie rencontrée lointainement dans son enfance.
Une Russie inventée, telle qu’elle n’avait pas osé la présenter jusque là dans le pays.


"En hommage à mes vieux professeurs de danse Russes, à mes grandtantes, à l'étrange source d'énergie et de vitalité parfois barbare que je sens en moi comme une inconnue venue de très loin "ailleurs", à ces nostalgies fausses et vraies qui me font frissonner de délices et de peine.Je voudrais danser sur ces musiques à l'accélération folklorique irrésistible, faire revenir, sur mes "pas", des mots parlés dans cette langue russe que j'aime comme un secret refoulé"

"Il y a un point, une ligne où s'arrêtent le pou-voir de la pensée, le champ de la perception, la mobilisation des facultés qui conduisent à l'action, à la fabrication ... à la création. Il y a un seuil au-delà duquel se défont la puissance et le désir ... la vie psychique même. Je parle du seuil de l'âme.
Enfant bercée par les propos romantiques d'une famille ayant traversé pour une longue période de son histoire la Russie ... j'entendis souvent cette expression de "l'âme russe". Au moment où devenue adulte je retrouve le terrible vertige des balançoires métaphysiques, je me sens assoiffée (comme par une sorte de hasard ?) de la poésie d'une Marina Tsetaeva ou d'autres ... Akhmatova, Mandelstam (pour ne citer qu'eux d'une longue liste d'écrivains, auteurs dramatiques, etc ...). Assoiffée de "sérieux", d'un sérieux échappant à la dimension productive et matérielle, sérieux auquel l'on est plus absolument sûr d'avoir droit publiquement et en dehors de "l'isoloir du coeur".
Ce qu'il y a d'extraordinaire dans la tradition russe : c'est cette permanence dans l'art à travers les situa-tions effrayantes : d'un centre sensible "pur", dont surgissent prio-ritairement la question éthique et celle de l'attachement à la vie.
En fait, bien plus que la "Russie", cette chorégraphie que je crée, mentionne peut-être la peur que la métaphysique n'ait plus de lieu d'invocation ... ni d'évocation.
Elle mêle mes préoccupations d'étrangère à un certain monde "désanimé" aux traces exclusivement antiréalistes d'une terre lointaine, mythique Russie réinventée".

Karine Saporta / mai 88

Extraits de presse au sujet du spectacle :

"Une voie ferrée traverse la scène : un danseur soulève une valise contenant une danseuse ; d'autres tourbillonent, pendus à des cordes. D'étranges et belles visions et une inexpugnable mélancolie."
Danser

"Pour la première fois, du moins le revendique-t-elle clairement, la chorégraphe se lance dans l'autobiographie et essaie de mettre en place les visions fantasmées d'une Russie fictionnelle élaborée à partir de lambeaux de souvenirs d'enfance et d'émotions très récentes, ressenties à l'occasion d'un voyage en Union Soviétique."
Chantal Aubry

"Spectacle échappant aux classification du genre, "la fiançée aux yeux de bois" n'est pourtant pas comme son titre semble l'indiquer une énigme. C'est une atmosphère poétique aisée a décrypter et très stimulante pour l'imagination."
Isabelle Cazes -7 à Paris

"...C'est encore et toujours l'inimitable façon Saporta, ce désir de beauté et ce fantasme absolu qui soudain prend un tour magnifiquement austère..."
L'événement du jeudi


L'enregistement du spectacle a été réalisé par Luc Alavoine pour la Sept et France 3
Le film a reçu le Grand prix international Vidéo Danse en 1990.

La reprise est une production du Centre Chorégraphique National de Caen/Basse-Normandie et de la compagnie Ballet plus en co-production avec L'AFAA - conservatoire itinérent de danse, le Festival Montpellier Danse
La création est une production Cie Ka-rine SA-POR-TA en co-production avec le Fes-tival d'Avignon, l'Hippo-drome / CAC de Douai, le Théâtre de la Ville de Paris, les Gémeaux / CAC de Sceaux

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